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Ma belle Béglaise - Site Web de l'artiste Daniel Joubert

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On te disait ville triste, peu coquette et renfermée,
Tu te voulais humaniste, ville ouvrière en liberté.
Une cellule dans chaque quartier, donnant espoir dans la vie,
 Défendant l'égalité, laissant trop faire le parti.
Le Verduc aux faux voyous, la baston jusqu'au Dorat,
Et tes coups n'étaient pas doux, y avait peu de fils à papa.
  
Ma Belle Bèglaise, ma première fiancée,
Ma rouge braise, laisse moi raconter.
 
Ta Sempa sentait la fin, sécheries hangars en bois,
Travaillant pour un bout de pain, le sel te coupant les doigts.
Elle ne te quittait jamais plus, même quand tu te faisait beau,
L'odeur forte de la morue, un tatouage sur ta peau.
En langue d'argot imagée, les Germaines et les Margot,
Morutières s'invectivaient, te faisaient rougir de leurs gros mots.
 
Ma Belle Bèglaise, ma fille préférée,
Ma seule faiblesse, laisse, moi, donc t'aimer.
 
Où est mon Musard rustique, gros bonnets et fromagers,
Tenant ferme la boutique, réglant les factures à payer.
Musardant sous tes mûriers, dans la vielle tribune assis,
On rêvait tous de jouer, dans l'équipe une pour pas un radis.
Le damier comme une armure, short marine chaussettes cerclées,
Te voilà enfin assez mûre, levant ton premier bouclier.
 
Ma Belle Bèglaise, je viens m'enivrer,
Je me pâme d'aise, en fouillant le passé.
 
Tes rues étroites tes impasses, tes grandes gueules aux yeux câlins,
Et tes jardins la Caminasse, un brin d'amour sur tes chemins.
Ils ont repeint tes volets, laissant du rouge à tes bandeaux,
Tes murs en vert médiatisés, par-dessus le rose écolo.
En avance sur les décrets, même si ce n'est pas très réglo,
Pour que ça fasse encore plus guai, tu viens de marier tes homos.
 
Ma Belle Béglaise, dans ta modernité,
Et qu'il en déplaise, laisse moi te chanter..

 
 
 
 
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