De barrières en barrières, flânant sur tes boulevards,
Quelques pintes de bières, et de pavé plus tard,
Voilà que je m'étonne, mais il n'y a pas de doute,
Bien sur c'est la Garonne, au bout de cette route.
T'as rasés tes hangars, en laissant tes marins,
Filles de joies et tes bars, sur tes quais orphelins,
Te voici bien coquette, ravalée maquillée,
Paquebots en goguette, pour touristes liftés.
Te mirant dans le fleuve, je te vois à l'envers,
Mais avant qu'il ne pleuve, je murmure quelques vers,
M'asseyant sur les pierres, sur les piles du pont,
Au bord de la rivière, et naît une chanson.
Bacalan délaissé, et la Bastide aussi,
On est tous immigré, de Tanger de Paris,
Au quartier Espagnol, les capus mis aux normes,
Carrelant murs et sols, m'ont parus un peu morne.
Saint-Michel pour chiner, et dîner à Saint-Pierre,
Prendre le tramway, le long de tes mystères,
Et dans la rue Gintrac, tes marchandes sans voix,
Ont rangé aux rancards, leurs vieilles charrettes à bras.
Te mirant dans le fleuve, je te vois à l'envers,
Mais avant qu'il ne pleuve, je murmure quelques vers,
M'asseyant sur les pierres, sur les piles du pont,
Au bord de la rivière, je pleure une chanson.
Et derrière tes façades, de ces siècles passés,
A travers tes lézardes, je cligne sur tes chais,
Et je mate ta robe, amoureux de ton cru,
Ton arôme se dérobe, me portant jusqu'au nues.
Sur ta courbe de lune, miroite tout tes saints,
Mais je n'ai plus une tune, pour me payer ton vin,
A l'ombre des pierres blondes, tes tonneaux sont remplis,
Et je bois c'est un monde, ce calice jusqu'à la lie.
Te mirant dans le fleuve, je te vois à l'envers,
Mais avant qu'il ne pleuve, je murmure quelques vers,
M'asseyant sur les pierres, sur les piles du pont,
Au bord de la rivière, j'invente des chansons...
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